zSi le phénomène est intemporel, son environnement a profondément évolué, en passant de l'artisan de talent à l'industrie de masse. L'événement majeur est sans doute constitué par l'invention française de la machine à coudre (1830), sur fond de révolution industrielle. Dès la fin du XIXème siècle, les grandes maisons de couture se développent à Paris, lançant progressivement un concept qui prendra plus tard le nom de "haute couture". Le XXème siècle voit ensuite naître le prêt-à-porter qui va démocratiser la Mode en la mettant à la portée du plus grand nombre. Les années 70 sont marquées par l'apparition des "créateurs de mode" et des "jeunes créateurs" dont certains ont acquis aujourd'hui une notoriété égale à celle des grandes maison de couture. Pour ne donner que quelques exemples citons dans le désordre, Sonia Rykiel, Agnès B., Cerruti, Hermès, Kenzo, Lanvon, Smalto, Céline, etc.
De cette multiplication des acteurs, des filières et des professionnels gravitant autour de la Mode va naître le besoin de structurer la profession: aprés la vénérable Chambre syndicale de la couture parisienne datant de 1868 (qui regroupe les maisons de haute couture et les entreprises exerçant une activité de couture sur mesure dans la région parisienne), la Chambre syndicale du prêt-à-porter
des couturiers et des créateurs de mode ainsi que la Chambre syndicale de la mode masculine voient le jour en 1973.
La France, berceau de la haute couture, doit aujourd'hui faire face à de nombreux concurrents dont l'agressivité commerciale et les coûts de production réduits imposent une profonde restructuration de son industrie de l'habillement.
Pour ne pas retenir que l'industrie du luxe strictosensu, si elle a fait, et fait toujours, la renommée de la France et constitue encore une source de revenu considérable pour notre balance extérieure, elle a dû se réorganiser et surtout s'adapter. S'adapter à la concurrence du prêt-à-porter et aux impératifs de rentabilité tout d'abord. Ainsi, presque tous les grands noms de la haute couture ont lancé leur propre ligne de prêt-à-porter, avec un succès mitigé. S'adapter au rajeunissement de la clientèle et à l'émergence de nouvelles marques plus agressives (ex: Gucci) ensuite, en imposant à la tête de prestigieuses et respectables maisons des stylistes toujours plus jeunes et audacieux, au point de parfois destabiliser la clientèle et... les médias. L'exemple le plus marquant est sans doute le remplacement de Gianfranco Ferré, "pilier" de ma maison Dior, par le turbulent John Galliano.
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zsource: la Mode et ses métiers, Alain D'Allençon de Vignes et Eric Dubrovink